17 February 2007

L'Isolement

Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici, gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur ;
Là, le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l’étoile du soir se lève dans l’azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon,
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l’horizon.

Cependant, s’élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs,
Le voyageur s’arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N’éprouve devant eux ni charme ni transports,
Je contemple la terre ainsi qu’une ombre errante :
Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l’immense étendue,
Et je dis : « Nulle part le bonheur ne m’attend. »

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé.

Que le tour du soleil ou commence ou s’achève,
D’un œil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu’il se couche ou se lève,
Qu’importe le soleil ? je n’attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts ;
Je ne désire rien de tout ce qu’il éclaire,
Je ne demande rien à l’immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d’autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j’ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m’enivrerais à la source où j’aspire ;
Là, je retrouverais et l’espoir et l’amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n’a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puis-je, porté sur le char de l’Aurore,
Vague objet de mes vœux, m’élancer jusqu’à toi !
Sur la terre d’exil pourquoi restè-je encore ?
Il n’est rien de commun entre la terre et moi.

Quand la feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s’élève et l’arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !

Lamartine

3 February 2007

Está en mis manos

Está en mis manos.

Como el infinito, sin principio ni final, sin límites y sin referencias.

De qué procede, no se sabe: tal vez de una lágrima perdida de una roca que no siente o de las últimas riquezas de una desgraciada viuda, antaño noble y feliz; qué será, tampoco: quizá el suspiro de una mujer que todavía ha de nacer o parte del recuerdo de una que vive ya.

Sus fríos reflejos de materia inanimada, su sonido metálico al caer, su dureza brillante, como un trocito de luz muerta caída de las estrellas o una trenza de hielo olvidada de alguna princesa del norte.

Dos espirales de diamante, dos serpientes entrelazadas que se muerden la cola la una a la otra, dos relámpagos congelados e inmóviles, dos estalactitas… Dos elementos separados que inseparablemente forman uno.

Como un iceberg, que oculta su verdadero tamaño bajo su parte visible; como una gema en bruto, que oculta su valor bajo su tosquedad; como un genio que oculta su talento bajo su modestia; un símbolo que oculta su significado bajo su insignificancia.

Igual que un halo que brilla alrededor de la luna o que el iris gris y profundo de un anciano marinero, no hechos con mano de hombre, una extraña perfección fría y distante, hecha con mano de hombre: una puerta que lleva al jardín de la imaginación y al mar de los recuerdos de lo pasado y de lo por venir.

Está en mis manos. Concretamente, en el dedo anular de mi mano derecha.

A EEEA

Comentaris al final perquè considero que això és més divertit llegir-ho sense prèvia preparació. Francament, vaig acabar aquesta redacció pensant que era la "sarta de sandeces" més espectacular que havia escrit en ma vida, i quasi em feia por entregar-ho i tot. El títol el va posar la Susana (la de castellà) i m'imagino que s'esperava alguna cosa sobre què podíem canviar del món, les nostres oportunitats a la vida o alguna cosa així (que gairebé tots van fer), i jo vaig pensar: "Pos no, hala!". Evidentment. Em va costar una mica, ja que és una mica difícil omplir una pàgina amb una descripció d'un anell (noteu els abundants canvis de paràgraf), però al final vaig acabar i me'n vaig oblidar. La idea era que s'acabés aquí la cosa, però com que no només em va posar un excel·lent, sinó que a més entre signes d'exclamació ("¡Excelente!") vaig decidir rescatar-la de l'oblit etern al que altrament hauria estat condemnada i penjar-la aquí… dedicada a tu, Eli, perquè et petis de riure allà enmig i els teus companys de feina pensin que estàs encara més boja. :) Apa!